Résumé de “L’étranger” d’Albert Camus

L’étranger est un roman né de la créativité de l’écrivain Albert Camus. L’ouvrage a été publié pour l’éditeur français Gallimard en 1942. Les thèmes que l’auteur aborde dans son roman, tels que l’absurdité de la vie et l’indifférence du monde, sont d’un intérêt considérable, selon les principaux critiques, considérés comme de véritables thèmes existentialistes. “L’Étranger” est un classique de la littérature contemporaine, où Albert Camus, avec une extrême habileté, introduit le concept de l’absurde qui, à la même époque, sera repris dans l’essai “Le mythe de Sisyphe”. Il prend place dans la tétralogie que Camus nommera « cycle de l’absurde » qui décrit les fondements de la philosophie camusienne : l’absurde. Cette tétralogie comprend également l’essai intitulé Le Mythe de Sisyphe ainsi que les pièces de théâtre Caligula et Le Malentendu. Le roman a été traduit en soixante-huit langues, c’est le troisième roman francophone le plus lu dans le monde, après Le Petit Prince de Saint-Exupéry et Vingt Mille Lieues sous les mers de Jules Verne.  

Résumé et analyse 

La langue utilisée par Camus est simple et courante. L’auteur amène le lecteur à s’identifier aux vicissitudes du principal protagoniste, Meursault, en mettant en évidence son vide affectif, son climat apathique et son égoïsme. Le protagoniste vit sa vie dans l’apathie et l’indifférence totale. Meursault ne sent pas son âme et se laisse emporter par le destin sans ressentir aucun découragement, aucune douleur, aucune colère ni aucune peur. Le cynisme, le vide et l’indifférence qui caractérisent le personnage sont même choquants aux yeux du lecteur. Le personnage semble terne tant émotionnellement que spirituellement, il n’est saisi que par tout ce qui l’entoure. Ce comportement est bien mis en évidence aux yeux du lecteur, mais sans dissimuler les véritables raisons pour lesquelles le protagoniste se comporte ainsi ; de plus, les solutions possibles au problème ne sont pas non plus visibles. Meursault est considéré comme un héros “absurde”. Sa conscience lucide de la réalité lui fait identifier la vérité de l’être et du sentiment, en y arrivant par une logique exaspérée. Mais comme l’a écrit l’auteur Camus lui-même, c’est encore une vérité négative, car pour le protagoniste du roman “aucune conquête de lui-même et du monde ne sera jamais possible”. Ce n’est qu’à la fin que le lecteur ressent ce sentiment de paix qui n’avait jamais été révélé auparavant. L’étranger a eu un succès considérable auprès des critiques de l’époque et, une trentaine d’années après le roman de Camus, il a été porté sur les écrans de cinéma par Luchino Viscontinel 1967. En 2001, un film intitulé Yazgi signifiant Destin a été réalisé, inspiré par l’œuvre de Camus, par le réalisateur d’origine turque Zeki Demirkubuz. Le livre, divisé en deux parties, raconte l’histoire d’un Français qui vit à Alger et qui s’appelle Meursault, un modeste employé apathique et indifférent à la vie, qui reçoit un jour un télégramme annonçant la mort de sa mère, hospitalisée dans un hospice de Marengo. Il est parti pour aller voir son corps, refusant de la voir pour autre chose, continuant à se comporter de manière détachée qui laisse ses amis et ses invités sans voix. Il a résolu des procédures et des formalités bureaucratiques, enterrant sa mère tout en maintenant son indifférence proverbiale. Le lendemain, en rentrant à Alger, il est allé se baigner dans le port de la ville et là, il a rencontré Maria Cardona, une de ses anciennes collègues de bureau, avec laquelle il a renoué les relations qui sont devenues intimes. L’homme ne ressent qu’une sorte d’attraction physique envers la femme et est absolument dépourvu de sentiments, alors que Maria est amoureuse de lui et voudrait l’épouser. Mais le pire arrive un dimanche, lorsque, invité par Raymond Santiès, un voisin, il part avec lui en dehors de la ville vers la mer. Sur la plage, alors qu’ils marchent, ils rencontrent deux Arabes qui suivent Raymond depuis quelque temps pour venger son comportement violent envers la sœur de l’un des deux. Immédiatement après la rencontre, une querelle survient où Raymond est blessé. Plus tard, Meursault, par hasard, rencontre à nouveau les deux Arabes, mais cette fois il a dans sa poche un pistolet prêté par son ami Raymond et quand l’un des Arabes, après l’avoir reconnu, sort le couteau, Meursault ne se contrôle plus et, aveuglé par la lumière du soleil, ne pouvant pas voir ce que l’Arabe préméditait, tire. Puis, après avoir réalisé qu’il l’avait touché, il tire quatre autres fois sur le corps en examen. 

Finale 

Cet événement dramatique et tragique est suivi de son arrestation, de l’enquête et du procès. La sentence décide, par le biais du jury, de sa condamnation à mort par la guillotine. Enfin, dans la cellule des condamnés à mort, Meursault reçoit, après l’avoir refusé trois fois, une visite de l’aumônier. La conversation entre les deux a dégénéré en confrontation, car Meursault, ayant peu de temps à vivre, ne voulait pas la gâcher en écoutant et en suivant la parole de Dieu, à laquelle il n’a jamais cru. Mais lorsque l’aumônier est sorti de sa cellule, Meursault a ressenti pour la première fois, en acceptant son destin absurde, une sorte de sentiment de paix. Le roman se termine par la réalisation par le protagoniste de l’indifférence de l’univers lui-même pour l’humanité.   

La leçon philosophique du livre “L’Etranger”   

L’Étranger, notamment dans la seconde partie, rappelle les procès staliniens vers 1932, tandis que L’Étranger paraît en 1942. La loi du 1er décembre 1934 de Staline raccourcit les délais de condamnation comme dans le livre où le procès est très rapide. Le genre rappelle aussi le théâtre de l’absurde d’Alfred Jarry. C’est un genre traitant fréquemment de l’absurdité de l’Homme et de la vie en général, celle-ci menant toujours à une fin tragique. Pour Jean-Paul Sartre, le roman d’Albert Camus vise à donner le « sentiment de l’absurde », selon les termes qu’il emploie dans son Explication de l’Étranger, paru la veille de la sortie du roman de Camus et daté de 1943, puis repris dans les Situations de 1947. Albert Camus lui-même confirme en partie cette interprétation, mais souligne bien que L’Étranger n’est pas selon lui une démonstration de l’absurdité du monde, que de la confrontation entre le caractère non-sensé du monde et le désir de compréhension de l’homme : « Ce qui est absurde, c’est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’homme », écrit-il dans Le Mythe de Sisyphe.