Développer l’intelligence émotionnelle par la lecture

Une étude affirme que la lecture de Harry Potter aide à développer l’intelligence émotionnelle. Plus précisément, il stimule l’ouverture d’esprit et réduit les préjugés à l’égard des minorités. Dans une autre étude publiée dans la revue Science, on affirme que la fiction narrative stimule la théorie de l’esprit. La lecture, et pas seulement de la saga Harry Potter, semble favoriser le développement émotionnel. Et ce processus, à son tour, agirait sur les chances de succès au niveau personnel, social et professionnel.

Y a-t-il une différence entre l’homme et la femme ?

Les recherches ont montré qu’il n’y a pas de différences majeures dans l’intelligence émotionnelle en général. Il y a cependant des différences dans les éléments qui la composent. La définition de l’intelligence émotionnelle peut sembler surprenante car le concept mêle deux notions que l’on a habituellement coutume d’opposer. On y trouve d’un côté le mot intelligence qui désigne la capacité de raisonnement et d’analyse et d’un côté le mot émotion qui désigne les réactions primaires difficilement contrôlables survenant suite à l’occurrence d’un événement bien précis ou dans certaines situations.

– Les hommes ne pleurent pas

Face à une perte, que ce soit la mort d’un être cher ou une rupture, la réponse interne naturelle est la tristesse. Il est plus acceptable culturellement d’exprimer la tristesse quand on est une femme. Classiquement, un homme va manifester en réaction de l’agressivité.

– Les hommes se mettent en colère

Dans les représentations communes, la colère est une réaction masculine et acceptée comme normale. Inversement, une femme qui explose est étiquetée hystérique.

– Les hommes n’ont pas peur

Au registre des émotions communément exprimées par les femmes, la peur en est une, au même titre d’ailleurs que la honte. L’expression de la peur étant considérée comme communiquant une faible dominance, reléguant celui qui la manifeste dans le clan des dociles et des soumis.

– Les femmes sont empathiques

L’empathie est la capacité à reconnaître ses émotions et celles d’autrui par l’intermédiaire de ce qui est dit, pensé et montré. Les femmes sont plus aptes à la ressentir.

Les 3 principaux modèles d’intelligence émotionnelle

Deux universitaires américains, spécialistes en psychologie, ont été les premiers à utiliser l’expression ” IE ” et la conceptualiser. Pour eux, l’IE se situe à l’intersection des cognitions et des émotions. Ils soutiennent que les individus varient dans leur capacité à traiter l’information d’une nature émotionnelle et leur capacité à établir un lien entre ce traitement émotionnel et la cognition générale.

 Leur modèle initial comprenait 3 processus mentaux principaux :

  • évaluer et exprimer les émotions, les siennes et celles des autres,
  • être capable de les réguler, et
  • savoir les utiliser pour faciliter les processus cognitifs.

Les auteurs ont ensuite révisé leur modèle et proposent aujourd’hui un cadre plus complexe dans lequel l’IE est un construit hiérarchique à quatre branches, chacune de ces branches représentant une catégorie de capacités :

1. La perception et l’évaluation, verbales et non verbales des émotions ;

2. La capacité d’intégration et d’assimilation des émotions pour faciliter et améliorer les processus cognitifs et perceptuels ;

3. La connaissance du domaine des émotions, compréhension de leurs mécanismes, de leurs causes et de leurs conséquences ; enfin,

4. La gestion de ses propres émotions et celles des autres.

Le modèle proposé par Goleman 

1. La conscience de soi et la capacité à comprendre ses émotions. La capacité de reconnaître et de comprendre les humeurs personnelles, les émotions et les moteurs internes, ainsi que leur effet sur les autres. Les indicateurs de conscience de soi comprennent l’auto-assurance, l’auto-évaluation réaliste, et un sens de l’humour auto-dérisoire. La conscience de soi dépend de la capacité à surveiller son propre état émotionnel et d’identifier et nommer correctement ses émotions.

2. La maîtrise de soi. La capacité de contrôler ou rediriger les pulsions et les humeurs perturbatrices, et la tendance à suspendre le jugement et de réfléchir avant d’agir. Les indicateurs comprennent la fiabilité et l’intégrité, ainsi que l’acceptation de l’ambigüité et l’ouverture au changement.

3. La motivation interne. Un moteur interne qui va au-delà de l’argent et du statut, qui sont tous deux des récompenses externes : vision de ce qui est important dans la vie, le plaisir d’accomplir une tâche, la curiosité d’apprendre, un flux qui vient de l’immersion dans une activité. Une tendance à poursuivre des objectifs avec énergie et persistance. Les indicateurs comprennent une forte envie d’accomplissement, de l’optimisme à l’épreuve des échecs et un engagement organisationnel.

4. L’empathie. La capacité de comprendre la structure émotionnelle des autres. Une habileté à traiter les personnes en fonction de leurs réactions émotionnelles. Les indicateurs comprennent l’expertise dans la construction et le maintien du talent, la sensibilité interculturelle et le service aux clients. L’empathie concerne l’intérêt et l’implication dans les émotions des autres, la capacité à sentir ce qu’ils ressentent.

 5. Les aptitudes sociales. L’habileté dans la gestion des relations et dans la construction de réseaux, ainsi qu’une capacité à trouver des points communs et de construire des liens. Les indicateurs des compétences sociales comprennent l’efficacité dans la conduite du changement, le pouvoir de persuasion, la création d’expertise et le leadership des équipes.

Développer l’intelligence émotionnelle

L’intelligence émotionnelle peut être décrite comme un type d’intelligence sociale qui permet à l’individu de gérer ses propres émotions et celles des autres ; de distinguer, utiliser et comprendre cette information émotionnelle et, par conséquent, de réguler ses pensées et son comportement. Il existe deux théories liées au développement de l’intelligence émotionnelle. Le premier affirme qu’il augmente avec les années et l’expérience. Le second, qu’il se développe pendant l’enfance pour se stabiliser au début de l’âge adulte. En tout cas, commencer à le pratiquer tout de suite peut être très positif. Il a été démontré que la formation à l’intelligence émotionnelle chez les enfants d’âge scolaire par le biais de programmes spécifiques ou d’une approche transversale offre les avantages suivants :

Quels livres choisir ?

Si vous voulez développer votre intelligence émotionnelle en vous appuyant sur des livres ou la lecture, vous avez plus d’une chance. Imaginez-vous devant une librairie bien achalandée. La première étape consiste à choisir un sujet qui nous intéresse parmi le large éventail de romans. De cette façon, la création d’un lien avec un ou plusieurs personnages est presque inévitable. C’est ce lien qui développera notre empathie. Il s’agit donc de se mettre à la place du protagoniste, de comprendre ses états émotionnels et ce qui le pousse à agir ; bref, prendre un personnage comme référence et apprendre de lui est une façon indirecte mais agréable de développer l’intelligence émotionnelle. La deuxième possibilité est de s’orienter vers les rayons de la psychologie ou de l’auto-assistance. Bien que la section ne soit pas aussi étendue que celle des romans, nous y trouverons de nombreux ouvrages consacrés au développement des compétences ou des attitudes personnelles, y compris l’intelligence émotionnelle. Cette catégorie fournit au lecteur des informations directes ou des conseils d’action ; elle utilise souvent les personnages comme exemples, mais sans en faire les protagonistes du livre. Enfin, si vous avez l’intention de combiner les avantages des deux catégories, il existe une troisième option. Il s’agit de livres d’auto-assistance organisés sous forme de nouvelles. Ils sont conçus pour enseigner à travers les actions et les expériences des personnages ; leur façon d’aborder la vie ou les compétences sont, en fait, le thème central du livre.

Développer l’intelligence émotionnelle des enfants

Deux stratégies peuvent être utilisées pour travailler sur ce type de renseignement. Le premier est confié aux parents et utilise des techniques, des méthodes ou des actions directes qui servent de modèle. La seconde, moins directe mais tout aussi efficace, est la lecture. Qu’il s’agisse de contes de fées, de nouvelles, de bandes dessinées, de romans ou autres, ils aident les parents à développer les compétences sociales et émotionnelles de leurs enfants. La lecture, comme nous l’avons dit, exerce la théorie de l’esprit ; cette dernière est la capacité qui nous permet de réfléchir et de comprendre les états mentaux, le nôtre et celui des autres.