Le théâtre athénien et les tragédies du Ve siècle avant J.-C.

Afin de comprendre comment les œuvres des grands tragédiens athéniens de Périclès, Eschyle, Sophocle et Euripide étaient représentées, il est nécessaire de jeter un coup d’œil à la structure du bâtiment du théâtre de la scène, en faisant référence, en particulier, au théâtre athénien de Dionysos Eleutherus, dans lequel ces tragédies ont été jouées pour la première fois pendant la Grande Dionysie.

Le théâtre athénien de Dionysos Eleutherus

Le théâtre de Dionysos est un des théâtres de la Grèce antique, considéré comme le berceau du théâtre grec antique et de la tragédie. Il est situé sur le versant sud-est de l’acropole d’Athènes. Il doit son nom à Dionysos, dieu du vin. Les grandes fêtes des Dionysies s’y tenaient chaque année en son honneur.

 Le théâtre grec antique est à l’origine du théâtre en Occident. Il prend naissance à l’époque archaïque pour atteindre son apogée à Athènes au Ve siècle av. J.-C.  Un genre littéraire, à l’origine du théâtre occidental, comprenant la tragédie et la comédie. Il atteint son apogée à Athènes au Ve siècle av. J. … Le théâtre grec est associé au culte de Dionysos, dieu du vin et des arts.

Le théâtre naît en Grèce à l’époque archaïque. Le théâtre émerge, selon Aristote, du dithyrambe lors des fêtes en l’honneur de Dionysos, dieu du vin, des arts et de la fête. Il tire son nom du latin theatrum qui le tire lui-même du nom grec θέατρον, issu d’un verbe signifiant « regarder ». Le théâtre est donc à la fois le lieu d’où l’on regarde (les gradins) et ce qui est regardé (la scène où se déroule le spectacle). Lors des premières manifestations de cet art, l’acteur mime et grimace de façon exagérée pendant qu’un public participe bruyamment au spectacle. Décors, mise en scène, texte n’apparaissent que plus tard.

L’étude de la vie de la femme à l’époque de l’Athènes classique est une partie importante de l’érudition classique depuis les années 1970. La vie de la femme athénienne est connue par des sources littéraires, relativement abondantes mais d’interprétation délicate, tragédies, comédies, orateurs, historiens d’époque classique ou romaine, complétées par des sources archéologiques provenant de l’épigraphie, des anciens habitats et de la céramique. Les sources écrites ont été rédigées par des hommes et il n’y a pas de témoignage connu d’une femme athénienne classique écrivant sur sa propre vie.

La femme de l’Athènes classique ne reçoit pas une éducation institutionnelle, sa mère lui a plutôt enseigné les compétences dont elle aura besoin pour gérer un ménage. Elle se marie jeune, souvent avec un homme beaucoup plus âgé. Lorsqu’elle est mariée, la femme athénienne a deux rôles principaux : enfanter et gérer le ménage.

La forme de la cavea, c’est-à-dire les marches où s’asseyaient les spectateurs, semble avoir été, encore au temps de Sophocle, de forme trapézoïdale, proche du plan des théâtres archaïques : des cours de ce type ont été trouvées dans des palais crétois et mycéniens. Voyons maintenant la zone où la représentation a eu lieu. Deux étages distincts ont été créés pour l’action entre le 6e et le 5e siècle. L’acteur, et plus tard les deux et trois acteurs, ont agi sur une plate-forme qui avait été soulevée à l’arrière de l’orchestre. Cette plateforme reposait sur une sorte de cabane en bois appelée skenè, qui était utilisée par les acteurs pour se changer : la plateforme serait l’équivalent de notre scène. Pour d’autres, le chœur et les acteurs jouaient tous dans l’orchestre, sans distinction d’étage, ce qui s’est produit plus tard, à l’époque alexandrine, lorsque le skenè est devenu un grand bâtiment à deux étages, le toit du premier servant de scène.

Mais au Ve siècle, lorsque les drames d’Eschyle, de Sophocle, d’Euripide et d’Aristophane ont été joués, les acteurs n’ont jamais utilisé de scène. En fait, le ciel était inconnu des tout premiers auteurs tragiques (Thespis, Pratina), et il n’était pas non plus là lorsque Eschyle a mis en scène ses premières œuvres : l’orchestre était entouré d’une étroite terrasse et sur celle-ci apparaissait, montant par un passage appelé parados – comme la chanson d’entrée du chœur – le chœur et les acteurs, qui allaient alors mener leur action dans la même zone que l’orchestre. Le skenè n’est apparu que plus tard, précisément pour servir de loge aux artistes, dont chacun jouait plus d’un rôle.

Selon la tradition, c’est Sophocle qui l’a fait décorer avec des peintures et des motifs architecturaux. Plus tard, sa porte centrale fut parfois ornée d’un prothyrum et, vers 450, deux petits bâtiments furent ajoutés sur ses côtés : deux ailes, appelées paraskenia, peut-être équipées d’une porte ou peut-être décorées de colonnes. Le théâtre a pris sa forme définitive au cours d’un siècle environ : l’orchestre a pris une forme circulaire et les marches ont été disposées en conséquence.

Anciens spectacles tragiques

Afin de reconstituer les formes générales de la représentation tragique antique, nous pouvons utiliser d’une part des textes, dont les indications sont génériques, d’autre part nous pouvons nous référer à certaines peintures vasculaires et enfin à des témoignages littéraires, parmi lesquels ceux des comédies d’Aristophane, relatifs à la diction et au costume. Les spectacles tragiques avaient un caractère exceptionnel, ils étaient présentés une fois par an, au nom et sous le contrôle de l’autorité publique : il s’agissait d’un concours, ou agone, auquel étaient admis trois poètes préalablement sélectionnés, tandis que les soins et les frais de la mise en scène étaient confiés à de riches citoyens. La meilleure mise en scène et le meilleur poète ont été récompensés.

La tragédie classique était le dialogue de deux ou trois acteurs – représentant des personnages différents, changeant de masque et de costume – entre eux et avec un chœur de quinze personnes, au nom duquel le chœur parlait. Ces dialogues constituaient les épisodes, maintenant des actes, de la tragédie, entrecoupés d’intermèdes lyriques chantés par l’ensemble du chœur, et appelés stasimi, à l’exception du chant d’entrée qui était appelé parados.

Pendant la stase, aucun acteur n’était présent dans le théâtre, mais au moment de la plus grande tension dramatique, un ou plusieurs acteurs étaient même impliqués dans le chant et peut-être aussi dans la danse chorale : c’était le kommòs. Le chœur est entré en scène proprement en trois rangées de cinq chœurs et a maintenu cette disposition tout au long de la représentation. Alors que l’orchestre était le lieu de la danse. Le costume des acteurs tragiques était un long chiton à manches. Dans le court traité intitulé “Poétique”, Aristote a traité en détail de la structure de la tragédie du Ve siècle.

Nous trouvons ici des nouvelles importantes qui nous permettent de déterminer comment, avant Eschyle, la tragédie consistait en un simple dialogue entre l’acteur et le chœur : c’est Eschyle, en effet, qui a introduit un deuxième acteur, tandis que Sophocle en a ajouté un troisième. Toujours selon Aristote, Sophocle était responsable de l’utilisation de la scénographie peinte. À l’époque d’Euripide, on utilisait des accessoires, des figurants et même les éléments mécaniques servant à introduire les apparitions divines : dues ex machina.

Sophocle

Sophocle (en grec ancien Σοφοκλῆς / Sophoklễs), né à Colone en -495 et mort en -406, est l’un des trois grands dramaturges grecs dont l’œuvre nous est partiellement parvenue, avec Eschyle et Euripide. Il est principalement l’auteur de cent vingt-trois pièces (dont une centaine de tragédies), mais dont seules huit nous sont parvenues. Cité comme paradigme de la tragédie par Aristote, notamment pour l’usage qu’il fait du chœur et pour sa pièce Œdipe roi, il remporte également le nombre le plus élevé de victoires au concours tragique des grandes Dionysies (dix-neuf), et n’y figure jamais dernier.
Son théâtre rompt avec la trilogie « liée » et approfondit les aspects psychologiques des personnages. Ses pièces mettent en scène des héros, souvent solitaires et même rejetés (Ajax, Antigone, Œdipe, Électre) et confrontés à des problèmes moraux desquels naît la situation tragique. Comparé à Eschyle, Sophocle ne met pas ou peu en scène les dieux, qui n’interviennent que par des oracles dont le caractère obscur trompe souvent les hommes, sur le mode de l’ironie tragique.

Génératrice d’un discours passéiste :

La démocratie athénienne désigne le régime politique mis en place progressivement dans la cité d’Athènes durant l’Antiquité et réputée pour être l’ancêtre des démocraties modernes. Le terme démocratie vient des mots grecs δῆμος / dêmos («le peuple») et κράτος / krátos («la puissance, le pouvoir»). Il s’agit donc d’un régime où les décisions sont prises par le peuple.

‘« On persiste à penser que le théâtre doit être central, un lieu de citoyenneté, de démocratie, de rassemblement social ; on se fantasme à Athènes au temps de Sophocle, on parle de Cité, de citoyens, c’est ahurissant : à croire que nous sommes dans le même genre de structure sociale, que le théâtre peut avoir aujourd’hui le sens et la fonction qu’il avait à l’époque. Il y a de nombreux mythes entourant le théâtre qui me laissent sceptique : ainsi l’idée qu’il serait politique du seul fait qu’il rassemble des individus face à d’autres individus. Or la communauté qu’il engage aujourd’hui n’a plus rien à voir avec la polis, elle n’est plus qu’un rassemblement de singularités quelconques, comme dit Agemben, et de cette communauté on ne peut rien dire, rien inférer, rien conclure : il faut arrêter de rêver à la communion des foules, aux spectacles fédérateurs ou à l’éducation du peuple. […] 

Il importe donc de mettre à distance cette construction rétrospective et d’interroger les données fournies par les historiens, afin de confronter autant que faire se peut les deux visages, historique et mythique, de cette origine autant fantasmée que réelle. Le plus souvent, la référence au théâtre antique inclut en fait uniquement le théâtre grec du Ve siècle av JC et se réduit souvent au seul modèle de la tragédie. De fait, la comédie latine constitue un modèle dramaturgique, historique et géographique radicalement distinct, fondateur d’une autre définition du théâtre politique, que les artistes de théâtre contemporain convoquent comme forme et comme mode d’adresse au spectateur, mais non pas comme discours de légitimation.